Le brouillard

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Status: Finished  |  Genre: Fantasy  |  House: Booksie Classic
C'est un texte assez court. Imaginer le héros comme vous voulez, il n'a aucune description.

Submitted: February 21, 2017

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Submitted: February 21, 2017

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Le Brouillard

J'émerge doucement d’un brouillard noir. J’ouvre les yeux, contemplant un plafond blanc terne. J’ai mal partout. Je regarde autour de moi, et je remarque que je suis dans une petite chambre aux murs, blancs eux aussi, sans aucune décoration. Il n’y a que peu de meubles : le lit dans lequel je gis, une petite table de nuit sans rien dessus. La seule source de lumière visible est une fenêtre opacifiée.

Après quelques minutes, je parviens à me lever. Je tiens debout et j’arrive à marcher normalement, malgré un léger vertige. Je porte une sorte de chemise de nuit à pois qui me descend jusqu’aux chevilles. J’ouvre la seule porte de la pièce pour me retrouver nez à nez avec un jeune homme en blouse blanche. Il m’explique rapidement que je suis dans le CHU, une sorte d'hôpital, de Nantes. Il est content de me voir debout et après quelques vérifications, m’annonce que je vais pouvoir sortir et retourner chez moi après ce qui n’était qu’une opération bénigne. Il me laisse dans ma chambre avec mes affaires pour appeler mes parents au numéro que je lui ai donné.

Je m’habille donc, enfilant le tshirt et le jean que mes parents ont déposés ce matin avant d’aller au travail. L’interne revient alors avec un vieil homme qui refait toutes les vérifications pour confirmer que je peux sortir. Le jeune me passe alors mon père, qui est visiblement (enfin audiblement) très content que je sois déjà debout. Il commence alors à me parler du fait qu’il a une réunion importante dans moins d’une heure, alors je lui dis que je vais rentrer à pied. Après tout, je n’habite pas très loin. Je sors donc de ce bâtiments aux couloirs encombrés de gens pressés, malades, voire les deux.

Le soleil m’éblouit mais je m’habitue rapidement. Je traverse rapidement en évitant une voiture pour rejoindre l’arrêt de tramway le plus proche. J’attends quelques minute avant de le voir enfin arriver. Je saute dedans, constatant alors qu’il est bondé. Je me cale près d’une barre, le nez à la hauteur des aisselles de quelqu’un de particulièrement grand. Je descends quelques arrêts plus tard et finis mon trajet jusqu’à chez moi sous le soleil.

Une fois devant ma porte, je cherche longuement mes clefs avant de remarquer qu’elles sont simplement dans la poche de l’autre côté par rapport à mon habitude. Je rentre donc chez moi, alors que la maison est vide : mes parents travaillent et ma soeur doit être chez une amie. J’ai la curieuse sensation que quelque chose ne va pas. Je ne me laisse pas abattre, et me prépare des pâtes pour le midi. Une fois mon déjeuner prêt, je compense la déception de ne plus avoir de fromage râpés par une double dose de sauce au basilic.

Une fois mon repas terminé, je remarque que je ressens toujours cette sensation étrange. Quelque chose manque. Ou n’est pas à sa place. Ou est en trop. Il y a un problème. Je soupire, et je monte dans ma chambre. Je consulte rapidement mon agenda et j’ouvre mon cahier de mathématiques. Ca valait le coup de se faire opérer les vacances : je ne rate aucun cours et je dois quand même faire tous mes devoirs le dimanche après midi. J’aurais pu les faire avant, certes. Mais je ne l’ai pas fait, et maintenant je galère. Toujours ce sentiment bizarre.

Moins d’une heure après, mes devoirs bâclés, je m’affale sur mon lit. Mes étagères sont là et aussi mal rangées que d’habitude. Ce n’est pas ça le problème. Mon lit est défait, et ma table de nuit couverte de livres, jusqu’ici tout va bien. Mes posters sont à leur place. Définitivement, je ne vois pas ce qu’il pourrait manquer. Je deviens parano… Enfin ça va bien passer un moment.

Une odeur de fumée, un bruit de moteur, une cavalcade, un bruit de cloche. Je me réveille brusquement et me redresse sur ma couchette. Un stupide cauchemar. Je grimace au souvenir de ce rêve ennuyant à mourir. Des devoirs. Sur un cahier. Quelle horreur. Le bruit de cloche me ramène à la réalité. Je quitte la pièce exiguë qui me sert de chambre à bord pour me précipiter dans les coursives parmi le reste de l’équipage, tout le monde courant à son poste.

Je rejoins assez vite la passerelle, où le capitaine m’accueille avec son sarcasme habituel avant de me laisser la barre. Devant moi, le ciel, en dessous, à peine visible dans le flot lumineux jaune craché par nos projecteurs, le brouillard. Le capitaine m’explique rapidement que nous sommes pris en chasse par un zeppelin de la Royale. On n’affronte pas ce genre de bâtiment. J'abaisse un levier sur mon panneau de commande et les deux projecteurs s’éteignent. Je prends le commandement de la passerelle. Le capitaine nous fait un dernier geste d’encouragement avant d’aller superviser le reste de la manoeuvre. Je lance un ordre, et notre dirigeable plonge dans le brouillard.

Un nouveau levier s’abaisse, et la lumière s’éteint. Je tourne la barre frénétiquement vers bâbord. Parfois, ça suffit. Mais le seul moyen d’échapper à la Royale, c’est d’aller dans l’angle mort de leurs terribles zeppelin avant qu’ils ne tirent répétitivement tout autour d’eux. Or, ils n’ont qu’un seul angle mort : en dessous. Qui serait assez fou pour se diriger plein gaz vers un vaisseau de guerre comme celui là?

Une manoeuvre difficile, peu survivent à une attaque de la Royale. J’en suis à ma quatrième. Une pensée me revient. Des devoirs de maths, non mais franchement…

Toute la nacelle vrombit alors que les mécanos poussent les moteurs au maximum. Nous sommes à portée du long zeppelin qui nous traque. Il est au moins deux fois plus long. Un superbe navire céleste à quatre moteurs pour huit hélices, rapide et sans aucune maniabilité.

Ils tirent. Aucun dirigeable dans leur ligne de mire ne pourrait résister à ça : n’importe quel aéronef touché par cette pluie de feu serait condamné à une chute vers la mer en furie. Mais nous ne sommes plus dans leur ligne de mire. Nous sommes quasiment sous la passerelle de commandement, où les officiers de la Royales doivent hurler leurs ordres dédiés à nous abattre. Le brouillard nous protège mais la fumée de nos moteurs sera rapidement visible. nous continuons donc encore un peu pour se loger sous une partie aveugle de leur zeppelin avant de faire demi tour pour accompagner son avancée. Encore deux ou trois salves, et le commandant de ce monstre sera convaincu de nous avoir abattu.

Une fois assuré d’avoir accompli sa mission, le zeppelin pousse ses moteurs et s’éloigne à une vitesse largement supérieure à celle que nous pourrions atteindre. Une demi heure plus tard, je rallume la passerelle puis les projecteurs et je reprends de l’altitude. On ne sait jamais à quel point la mer est proche de notre navire, et elle l’est souvent plus qu’on ne le croit.

Je retourne alors finir ma nuit. En me rendormant, j’ai une pensée pour cet autre moi qui faisait ses devoirs. Heureusement que ce n’était qu’un rêve. Personne ne souhaiterait vivre comme ça.


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