Les cendres de l'été (version française)

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Status: Finished  |  Genre: Flash Fiction  |  House: Booksie Classic

Le témoignage du lendemain inquiétant après un cataclysme naturel. Une histoire personelle.

Longueur: 398 mots.

Je me souviens du soleil.

 

Je me suis réveillée ce matin pensant que quelque chose n’aille pas avec mes yeux. Tout était la mauvaise couleur : le ciel, les nuages, l’aire lui-même, mais surtout le soleil. Il ne faut pas que le soleil prenne un rouge si vif quand il n’est ni sa couche ni son lever ni rien. Ce n’est pas naturel. Cependant, c’était là, en pleine face et il n’avait aucun problème avec mes yeux. Regardez, il y avait des voisins qui s’attardaient sur la porte seuil, craignant qu’on vît la même chose. On ne savait même pas ce que ce soit avant d’ouvrir la radio pour entendre les nouvelles.

C’était la fumée, tout simplement. À quelque heure pendant la nuit dernière, les braises se sont nées et de ce moment-là elles ont commencé à s’agrandir, à progresser. Elles dévoraient sans cesse. Dans l’espace d’une seule nuit, elles nous ont volé notre beau, bleu ciel d’hier et l’ont remplacé par la couleur des taches du tabac. C’était la mauvaise couleur. On n’avait aucun problème des yeux. On avait un problème du ciel.

 

- Quel enfer, un voisin n’a dit à personne, tout le monde s’occupant trop des mauvaises couleurs de ce nouveau monde pour lui prêter attention.

Mais c’était vrai, ce qu’il a dit.

Quel enfer.

- Pensez-vous s’il nous faut évacuer ? je lui ai demandé à mon tour, un œil inquiet encore fixé sur le soleil saignant.

Personne ne m’a pas répondu.

Nous sommes rentrés un peu après. C’est mauvais pour la santé si on reste longtemps dans la fumée. On s’étouffait pour être dehors. Il n’y avait plus d’aire, il n’y avait que la fumée, le monde était entouré. Consumé. Asphyxié. 

Les enfants ressentaient un désir ardent de faire les bonshommes de neige de petits flocons blancs qui ont commencé à descendre. Ce n’était pas la neige qui tombait. Les flocons n’étaient pas du tout froids, ils ont même gardé les lueurs chaudes d’un lointain feu.

Bien sûr on n’a pas permis aux enfants de sortir. Ils auraient suffoqué autrement.

 

Bien que l’incendie restât assez lointain en ce moment-là, il n’était pas à une distance suffisant de nous laisser à l’aise. Il était quelque part parmi les collines voisines vêtues de bois devenus maintenant le charbon. On ne savait pas où exactement… Seulement quelque part dans l’éloignement proche…

L’enfer brûlait dans une forêt.


Submitted: January 29, 2021

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