Ex-amants en Vadrouille - 1. partie

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Status: Finished  |  Genre: Romance  |  House: Booksie Classic


Cet après-midi, je suis rentré, crevé. Je n’ai même pas eu le temps de prendre une douche. Mon amie Solange a fait sonner mon téléphone trois fois, comme d’habitude. Je l’ai tout de suite contactée sur Internet. Elle était fort curieuse et voulait prendre de mes nouvelles.

 

Solange vit à Montréal avec son mari et ses enfants. C’est une femme extrêmement gentille, et elle veut toujours m’aider. Il faut dire que moi aussi, je l'aide parfois quand elle passe des moments difficiles.

 

Solange n’aime pas vraiment habiter au Canada. Revenir à son village natal de Lincent, retourner dans son environnement familier, retrouver sa famille et ses anciens amis, c’est son rêve.

 

Mais Solange demande aussi mon soutien pour une autre raison. Avant de partir Outre-Atlantique, elle avait un amant qui habite à Chaumont-Gistoux, Stéphane Anguillin. Elle ne peut pas l’oublier. Au contraire, quand je parlais avec elle en ligne, il semblait qu'elle devenait toujours plus amoureuse de cet homme.

Anguillin travaille comme ingénieur-chimiste à Gembloux. Où exactement, je ne sais pas. J’ai oublié de le lui demander quand nous étions en route ensemble. Probablement pour l’Institut Agronomique de Gembloux, mais je n’en suis pas sûr. Quand nous étions en vadrouille, nous avons parlé de tout autre chose que de travail ou d’argent.

 

En tout cas, Solange m'a dit qu'il a une grande responsabilité là où il travaille et qu’il est fort occupé. Quand elle lui envoyait un message d’amour, il ne répondait presque jamais, ou très occasionnellement. Elle a tenté plusieurs fois de mieux communiquer avec lui. Habituellement, il ne réagissait même pas. Parfois, il envoyait juste un article de magazine dans lequel il s’agissait de relations. Ou bien il mettait un lien vers YouTube, vers une chanson. C’était presque toujours une chanson d'amour, mais ça rendait Solange encore plus désespérée dans sa nostalgie et son désir pour son ancien amant.

 

Donner des conseils dans sa situation délicate avec Stéphane, je ne le faisais pas, même si Solange me le demandait régulièrement. Je croisais les doigts pour elle, et j'espérais vraiment que son problème se résoudrait, ou du moins qu'elle pourrait trouver un modus vivendi dans lequel elle se sente heureuse. La réconforter, j’ai essayé de le faire, parce qu'elle avait fait le même pour moi quand j’en avais vraiment besoin.

 

Solange me connaît. Elle sait que je ne sais pas vivre sans la chaleur et l'affection d'une femme. Bien sûr, l'amour véritable, c’est mieux, mais cette profondeur sentimentale entre deux personnes reste toujours extrêmement rare. Solange le sait par expérience, et je le sais aussi.

 

Même avant que Solange m'ait parlé de son ancien amant Stéphane, je l'avais mise au parfum pour une affaire personnelle qui me concernait. Je lui avais parlé de ma relation avec mon amie Annette Thoulain à laquelle celle-ci avait mis une fin tout à fait inattendue.

 

A Bruyères près de Verviers, j’avais une petite amie. Nous nous rencontrions environ une fois par mois. Annette et moi étions amants depuis un peu plus de deux ans, et moi, je pensais que nous nous aimions vraiment. Elle m'avait même plus d'une fois assuré que notre amour serait "per sempre", "pour toujours", mais il s’est avéré que c’étaient de sa part des mots vides, dépourvus de tout sens réel.

A un moment donné, elle m’a dit que quelqu'un d'autre, un de ses collègues à l’Institut d’Enseignement de Promotion Sociale à Dison, était intéressée à elle. Annette y donnait un cours élémentaire d’anglais. Ce que son collègue y enseignait, je ne le sais pas. Seulement qu’il lisait des romans anglais, comme elle. Elle ne m’a pas dit qu'elle aussi était amoureuse de cet homme. Je ne l’ai appris que beaucoup plus tard par un ami commun à nous deux, Joseph Bousse. Elle lui avait confié qu’elle était tombée amoureuse de son collègue parce qu’eux deux, ils étaient sur la même longueur d’onde.

 

Plus tard, j’ai appris qu'elle avait commencé une relation avec ce collègue. Je soupçonne, mais je n’en suis pas sûr, que pendant trois ou quatre mois elle a couché avec deux amants, moi et son collègue, ainsi qu’avec son mari.

Quoi qu’il en soit, le soir de son quarantième anniversaire, Annette m'a balancé. Il m’a bouleversé, ce coup terrible, car j’avais cru Annette quand elle m’avait affirmé que son amour pour moi durerait “per sempre”.

Mon monde s’est effondré. Seulement alors j’ai compris à quel point Annette m’était précieuse et combien je l'aimais.

 

J’ai flanché émotionnellement. C’est devenu si grave que j’ai eu besoin d'aide médicale et psychologique pour faire face à la vie d’une façon acceptable.

D’abord mon médecin Vincent Rouillon m’a aidé. Il m'a donné des dragées qu'il faisait préparer selon sa propre recette par un pharmacien. Il les prescrivait principalement à des personnes en grand deuil.

Au début, ce médicament m'a aidé, mais cela n'a pas duré. Par conséquent, Vincent m'a envoyé au département de psychiatrie du Centre Hospitalier Universitaire de Liège au Sart Tilman. Il y connaissait une psychiatre, Dr Véronique Jacquart. Ensemble avec elle il avait fait ses études de médecine générale.

 

La doctoresse avait beaucoup de compréhension pour ma situation. Elle était une femme très douce qui a patiemment écouté l'histoire de ma détresse émotionnelle. Ensuite, elle a essayé de me donner des conseils, mais je pense que j’étais vraiment trop loin à l'époque. Tout ce que la psychiatre me disait, je ne l’entendais guère. Ces deux séances avec Véronique Jacquart n’ont pas su me tirer de ma dépression.  

 

Bien sûr, je comprends cela. Malgré la qualité de la médecine moderne, aider les gens qui sombrent dans une dépression reste une tâche difficile. Dans mon cas, cela n’a pas été différent. Les médecins ont vraiment fait de leur mieux, mais ils n’ont jamais su vraiment s’occuper de moi personnellement. Ils montraient à peine de l'empathie. Tout le traitement a été principalement routine.

Quand même, au CHU de Liège ils ont su m’aider dans une certaine mesure. Mes pensées sont devenues moins sombres. La dame psychiatre m'a donné un conseil d'or à la fin de la dernière consultation. Selon elle, il serait bon que je puisse parler à quelqu'un de mon problème émotionnel. Il faudrait pourtant que ce soit une personne qui sache me comprendre et ne me condamne pas pour la relation adultère dans laquelle j’avais été engagé pendant deux ans.

Dans un sens, j'ai eu de la chance. Je n’ai pas trouvé qu’une seule de ces personnes, mais deux.

 

Annette a une sœur un peu plus âgée qu’elle, Victorine. A peu près six mois avant qu’Annette m’échange contre un amant plus jeune, j’avais mis Victorine au courant de ma relation avec sa sœur.

Après qu’Annette m’avait limogé le soir de son anniversaire, j’ai cherché de l’aide auprès de Victorine, et je lui ai dit ce que j’avais sur le cœur. Elle était, comme sa sœur, une femme merveilleuse. Je ne peux pas dire à quel point elle m'a aidé dans ma période dépressive quand je ne trouvais effectivement plus aucun sens à la vie.

 

Victorine parlait avec moi presque tous les jours. Elle était gentille avec moi, et elle comprenait quel coup dur sa sœur que j’aimais tellement m’avait asséné. Par conséquent, Victorine m’écoutait patiemment, et elle me réconfortait. Pourtant, elle n’en restait pas là. Elle essayait constamment de me convaincre que je ne pouvais pas me laisser aller. Je devais prendre ma vie entre mes mains, et ne plus rester là, inerte, à me lamenter et me morfondre. Rien n'était pour toujours, affirmait Victorine, tout était éphémère, tout passait, même l’amour le plus passionnel.

 

Je me suis souvent révolté contre ce qu’elle disait, et je répétais sans cesse qu’Annette était la femme de ma vie, et le resterait. Cela a mis Victorine plus d'une fois en colère, et puis elle ne me ménageait pas. Parfois, j'ai trouvé ce qu'elle me disait cruel et impitoyable. Elle me traitait comme une sévère maîtresse d’école traite un élève récalcitrant. Ensuite, je me suis aperçu qu'elle ne voulait que mon bien. Elle faisait de son mieux pour moi. Pour ainsi dire, elle me tirait par mes oreilles pour me faire sortir de la fosse profonde dans laquelle j’étais tombé, et pour elle, la fin justifiait les moyens.

 

Parfois, moi aussi, j’ai soutenu Victorine. Même si elle affirmait qu'elle était mariée heureuse et qu’elle aimait beaucoup son mari, elle avait un amant. Peut-être même plus d'un, parce que plus d’une fois, elle a fait allusion à un autre homme avec qui elle avait couché. Elle l’avait balancé après quelque temps parce que cet homme ne pensait qu'à prendre son pied avec elle, et ne tenait pas compte d’elle comme partenaire sexuel équivalent. Et aussi, la femme de cet amant de fortune était devenue suspicieuse. Victorine avait eu juste le temps de mettre un terme à cette relation risquée.

Elle ne m'a jamais dit beaucoup d'autres détails sur la brève relation. Je crois, cependant, qu'elle aurait aimé m’en parler, mais elle n'en a jamais eu l’occasion.

 

L'amant que Victorine avait depuis quelques années déjà était quelqu'un qui avait été à l'école secondaire avec elle. Il s’appelle Germain Duparc, et c’est un homme très séduisant. Il a un beau physique, il est optimiste et toujours de bonne humeur. Je suis persuadé qu’il a un succès fou avec les femmes de son âge. Cela, je ne l’ai jamais dit à Victorine, car elle trouvait elle-même que son amant Germain était trop volage. Elle l’aimait tellement. Même qu’elle m'a dit qu'elle avait pleuré de pure joie quand Germain lui avait demandé de devenir sa petite amie. A ce moment-là, elle avait trente-sept ans, et c’était dix-neuf ans après qu’ils s’étaient perdus de vue après leurs études. Je ne suis pas sûr, mais je pense que Germain  est aussi l'amour de sa vie pour Victorine, comme Annette l’est pour moi.

 

Malheureusement, peu importe combien elle l'aimait, Victorine n’a pas pu  compter sur la constance sentimentale de Germain. Après quatre ans, la tiédeur s’est introduite dans leur relation. Germain doutait constamment, et même s’ils couchaient encore parfois ensemble, Victorine a dû se rendre à l’évidence: le grand feu de l'amour de son amant s’était éteint. Il consacrait de plus en plus de temps et d’attention à sa femme Hélène et à ses deux enfants. En plus, il s’est plongé dans l'étude de la Bible et d'autres textes religieux. Même à son âge, il pensait donner un tout autre cours à sa vie. Commencer une carrière dans l'église comme diacre est devenu une sorte d’idée fixe de Germain, au grand regret de sa maîtresse Victorine.

 

Victorine m'a réconforté lorsque je luttais contre le désespoir et pleurais la perte d’Annette. Je lui ai rendu la faveur qu’elle m’avait faite. Victorine ne m’a jamais demandé de la consoler quand elle en avait besoin. Je sentais quand elle voulait parler de ses problèmes avec Germain. J'ai fait de mon mieux pour la soutenir dans ses moments difficiles. Elle le faisait avec moi, en toute générosité. Ainsi, je n’ai pas seulement voulu la compenser. Elle le méritait de par sa personnalité. Autant Victorine que sa sœur Annette étaient des femmes exceptionnelles. A chaque fois que c’était nécessaire, je l’ai conseillée pour sortir d’une situation difficile avec Germain.

 

A Solange, je n’ai jamais donné de conseil en rapport avec Stéphane Anguillin. Pour cela, je savais beaucoup trop peu sur la situation entre eux deux. C’était très différent dans le cas de Victorine et Germain. D'ailleurs, je ne connaissais Anguillin ni d’Adam ni d’Eve. Je l’avais vu une seule fois, pendant quelques minutes. Ce fut lorsque Solange était revenue du Canada avec ses enfants pour passer six semaines de vacances chez ses parents à Lincent.

 

Un mercredi après-midi, j’étais à Liège, sur la terrasse du restaurant La Capitainerie au Boulevard Frère-Orban en bord de Meuse avec Solange et sa meilleure amie Belle Thoulain. Soudain, Stéphane Anguillin nous a rejoints. Belle le connaissait déjà, et Solange nous a présentés l’un à l’autre.

 

A cette époque je n’avais aucune idée qu’Anguillin et Solange étaient amants. En fait, j’aurais pu le deviner ce mercredi après-midi, car, après dix minutes, Solange et Stéphane ont pris congé de Belle et moi et sont partis ensemble.

 

La semaine après, Solange m'a dit honnêtement qu’elle et Stéphane avaient une liaison. Qu’elle me l’ait avoué, c’est sans doute parce que je n’avais pas été gêné pour lui raconter l’histoire de ma relation avec Annette.

 

Solange, dès le début, n’a dû faire aucun effort pour sentir intuitivement à quel point la rupture m'avait endommagé. Je n'ai pas eu à lui expliquer quelle douleur je ressentais après qu’Annette avait si soudainement brisé mon cœur. Elle a trouvé les mots justes pour me consoler, tout comme Victorine, mais Solange était beaucoup plus douce pour moi que la sœur d’Annette. Celle-ci avait parfois été catégorique, en me poussant impitoyablement avec mon nez sur la réalité. Cette réalité, Solange a également essayé de me la faire voir, mais elle était beaucoup plus douce et plus diplomatique que Victorine ne l’était.

 

Mes contacts avec Victorine ont cessé après que le cours des événements s’est soudain accéléré.

Je lui parlais toujours d’Annette, et de combien je l'avais aimée. De plus en plus, j’essayais de faire comprendre à Victorine que je ne comprenais plus l’attitude de sa sœur. Celle-ci, apparemment, ne me trouvait plus digne qu’elle me parle encore. Plus un seul mot ne venait d’elle. J’ai dit à Victorine que je trouvais ce silence cruel et inhumain. Après que mon ex-maîtresse m’avait laissé tomber pour son collègue à Dison, elle et moi avions encore parlé pendant environ un an. Soudain, d'un jour à l'autre, Annette avait mis fin à nos conversations. Dans une petite phrase de douze mots elle m’a dit adieu. Pourquoi elle a fait ça, je n’en ai pas la moindre idée. De toute façon, cela n'a pas d'importance.

 

J’ai trouvé la décision d’Annette horrible, et je l’ai dit à Victorine. Elle était d'accord avec moi, mais j’ai tout à coup senti qu'elle n’était plus soucieuse de moi comme auparavant. Pourquoi, cela est assez rapidement devenu évident. Elle ne parlait maintenant que d'un nouvel “ami”, Christopher de Jolyruisseau. Je connaissais cet homme, un noblaillon qui habite un manoir à Lierneux avec sa femme qui est une danseuse renommée de ballet classique. Comparé à Germain Duparc, de Jolyruisseau a certainement plus de style et d'allure, mais il n’est pas aussi coulant et beaucoup plus sérieux. Le charme naturel de Germain lui manque totalement.

 

Puis, un peu frustré, j'ai fait quelque chose que je n’aurais pas dû faire.

J'ai accosté Christopher de Jolyruisseau sur les rumeurs qui circulaient à propos d’Annette et moi. Je lui ai aussi posé un certain nombre de questions directes. Entre autres choses, je lui ai demandé sans me gêner quelle était la nature exacte de sa relation avec Victorine. J'ai même osé suggérer qu'ils étaient amants, comme Annette et moi l’avions été.

 

Christopher de Jolyruisseau s’est senti insulté. Je l’ai remarqué clairement dans sa réponse qui ne m’est parvenue que quelques semaines plus tard. Soi-disant, il avait été trop occupé pour me répondre immédiatement. Bien sûr, il avait d’abord consulté sa petite amie Victorine. Sans doute ont-ils décidé ensemble ce que Christopher allait me dire.

 

La conséquence de mon initiative relativement brutale ne s’est pas fait attendre. Victorine était furieuse contre moi, et elle me l’a fait savoir. Elle prétendait que j’avais mis mon nez dans ses affaires privées et que je mettais son mariage en péril.

 

Je pense qu'elle a eu peur que sa vie cachée ne vienne au grand jour. Elle se rendait compte que je savais beaucoup à ce propos, car elle m’en avait constamment parlé, pendant près de trois ans.

 

J'ai essayé de me défendre contre les allégations de Victorine, mais cela n'a pas aidé. Elle a dit qu'elle ne voulait plus avoir à faire avec moi, et, comme Annette, elle a rompu complètement avec moi.

 

Je me suis senti mal. Victorine était une femme merveilleuse, et je lui dois vraiment beaucoup. C’est d’ailleurs ce que je lui ai dit dans le dernier message que je lui ai envoyé pour la remercier.

C’était comme si j'avais jeté une pierre dans une mare à grenouilles. Ce qui est arrivé à Lierneux, Dison ou Pepinster, je ne le sais pas. Il est certain que certaines personnes concernées se sont senties menacées ou insultées. Non pas seulement Victorine n’a fait sauter tous les ponts avec moi. Sur Facebook, j'étais jusqu'alors “ami” de mon ex-maîtresse Annette, Victorine elle-même, ses deux filles, Cathy et Élise, Christopher de Jolyruisseau, Christiane, la sœur cadette de Victorine et d’Annette, et leur amie Diane Verlaine. Sur une seule journée, tous ces gens m’ont rayé de leur liste d’amis. C’était comme une sorte de conspiration contre laquelle je suis resté impuissant.

 

Que ces gens m’aient mis de côté, cela m'a fait mal, mais je pouvais vivre avec leur absence. Cela ne se comparait nullement à la douleur profonde que je ressentais à cause de la perte d’Annette dans ma vie.

 

A Solange, j’ai dit ce qui était arrivé. Sur Facebook, elle est aussi amie avec les sœurs Victorine et Annette qui sont juste un peu plus âgées qu'elle. Elle regrettait aussi que tous ces soi-disant amis aient rompu tout contact avec moi, tous en même temps. Pourtant, elle m’a calmé et a réussi à relativiser: des amis sur Facebook, a dit Solange, ce n’étaient pas de vrais amis. Tout s’y passe d’une manière très superficielle. Par conséquent, je ne devais pas m’en faire de la bile. Mieux valait probablement que je n’aie plus aucun contact avec certaines de ces personnes.

 

Cependant, Solange ne comprenait pas qu’Annette ne veuille plus me parler. Comme moi, elle trouvait le mutisme de mon ex-maîtresse inhumain et cruel. C’était comparable à la façon dont Stéphane Anguillin la traitait. Elle ne savait tout simplement pas comprendre que quelqu'un avec qui elle avait vécu une histoire d'amour si intense ne daigne maintenant même plus répondre à un message. Mais elle, du moins, pouvait encore envoyer quelque chose à Stéphane. Cela m’était totalement impossible. Annette avait bloqué toutes possibilités de contact sans plus.

 

Solange et moi en parlions beaucoup, peut-être trop. Il se pourrait que nous ayons alimenté ainsi un sentiment de désespoir croissant ensemble...

 

 

 

© Bruno Roggen, Anhée, 2020

 

à suivre


Submitted: May 08, 2021

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