Ex-amants en Vadrouille - 2. partie

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Status: Finished  |  Genre: Romance  |  House: Booksie Classic

Seconde Partie

Ex-amants en vadrouille - Partie 2

 

 

Par la suite, il est apparu que Solange n’était pas femme à abandonner facilement.

Un matin, j'ai ouvert ma page Facebook. De Montréal, Solange m’avait envoyé une proposition originale. Sur Facebook, elle était encore amie avec Annette. Solange m’a donc proposé qu'elle envoie un message personnel à Annette pour lui demander si elle ne voudrait pas recommencer à me parler. Moi, je devrais demander le même à Stéphane Anguillin. Cela valait la peine d'essayer, pensait-elle, même si notre initiative n’aboutissait à rien.

 

Je n’ai pas dû réfléchir longtemps à la proposition de Solange. Qu’Annette me recontacte était mon seul souhait. Je me rendais bien compte que ce ne serait plus jamais entre nous comme au cours de ces deux années où nous nous aimions si intensément. Mais, il y avait déjà plusieurs années de ça. Entre-temps, déjà depuis quelques années un nouvel homme était présent dans sa vie. Avec lui, elle était certainement heureuse, peut-être même plus heureuse que quand moi, j'étais son amant.

 

J’ai dit à Solange que j'étais d'accord. Cela en valait en effet la peine d'essayer. S’il n’y avait aucune réaction, alors tant pis. L'état de silence froid et d’attitude rigide pourrait tout simplement continuer. Ce serait malheureux, mais il faudrait s’y faire. C’était ainsi déjà depuis quelques années.

 

En fait, je me suis dit que ce que Solange allait essayer serait une tentative futile. Annette ne répondrait presque certainement pas à son message. Je la connaissais trop bien après que je lui avais parlé presque quotidiennement pendant plus de trois ans. Une fois qu'elle était désespérément enfermée dans sa coquille d'huître, il était quasi impossible de l’ouvrir.

 

Solange souhaitait que nous ne nous disions pas ce que nous écrivions dans ce message à nos anciens amants. Je me suis plié à son souhait. Ce qu'elle écrirait à Annette, j’étais presque certain que ce serait peine perdue. Il n’y aurait tout simplement pas de réponse, j’en étais fermement convaincu.

 

Je ne l’ai pas dit à Solange. Serait-ce peut-être parce que j'avais quand même un petit espoir secret qu’après tout ce temps Annette voudrait à nouveau me parler?

 

Fol espoir, bien sûr. Je me suis fait des illusions. Mais, l’espoir fait vivre, et l’idée que je pourrais reparler à la femme de ma vie m’a fait temporairement oublier ma dépression.

 

A l'adresse "sanguillin@gmail.com" que Solange m'avait donnée, j'ai envoyé cet e-mail:

 

"Cher Stéphane,

 

Vous serez probablement surpris de recevoir cet e-mail. Je m’appelle  Rochus Bruneau. Peut-être vous souvenez-vous encore de moi après la brève rencontre sur la terrasse d’un restaurant en bord de Meuse à Liège? Ou avez-vous déjà une idée de qui je suis grâce à Solange? Avec elle, j’ai beaucoup de contact, pratiquement tous les jours. Nous ne sommes pas gênés de nous confier ce que nous avons sur le cœur et nous dire des choses personnelles. En fait, nous sommes tous deux dans une situation similaire. Solange m'a soutenu d'une manière incroyable quand j'étais dans le creux de la vague pour des raisons émotionnelles.

Dernièrement Solange ne se sent pas bien. Vous le savez probablement. La raison principale est sa situation par rapport à vous. Je ne sais pas si vous vous rendez compte combien profondément vous êtes dans son cœur et avec quelle passion elle vous aime. Par conséquent, elle est très malheureuse parce que récemment elle n’a plus eu aucune réponse à ses messages de votre part .

Votre passé commun dont Solange m’a parlé montre que vous vous l’avez  beaucoup aimée. Peut-être même l’aimez-vous encore. Je le comprends  parce que Solange est une belle femme. Mais je ne dois pas vous le dire,  vous le savez beaucoup mieux que moi. Je trouve déplorable que  maintenant Solange soit émotionnellement dans une vallée profonde parce qu'elle vous aime et vous lui manquez. Elle ne mérite pas cela.

Il serait arrogant et irresponsable de ma part si je vous donnais des conseils à cet égard. Cela démontrerait un manque absolu de tact dans une histoire d'amour qui ne concerne que vous et Solange. Cependant, je voudrais vous demander poliment si vous pourriez envisager de parler de temps en temps amicalement avec Solange. Vous ne savez pas imaginer à quel point elle en serait heureuse. Elle s’épanouirait à nouveau sur le plan sentimental et le contact avec vous lui rendrait son regard positif sur la vie, ce qui maintenant n’est totalement pas le cas, bien au contraire. Peut-être pouvez-vous repenser aux beaux souvenirs de l'amour qui dans le passé a existé entre vous et elle. Cet amour était là, et pourquoi l’enterrer dans l'oubli ou l’indifférence? Qu'y a-t-il dans la vie de plus beau et de plus essentiel que le véritable amour? Il est si rare, et je pense que quelqu'un qui le connaît devrait le chérir.

Si vous trouvez cet e-mail déplacé ou indiscret, je m’en excuse. Cependant, je serais heureux s’il aidait pour que Solange se sente mieux. Cela n’arrivera que si vous voulez communiquer avec elle et lui parler. J’espère que vous comprenez cela et que vous pourrez encore rouvrir votre coeur à cette femme merveilleuse, même si ce ne sera plus comme avant.

Je vous présente mes salutations polies et amicales.

Rochus Bruneau”

 

Sans réfléchir davantage, j'ai envoyé mon message à l'adresse que Solange m’avait donnée. Après, j’ai relu mon texte plusieurs fois. Je n'en étais pas vraiment satisfait. Le style et la manière de formuler étaient raides et artificiels. Le ton était un peu mélodramatique, et trop sentimental. Je pouvais imaginer que Stéphane Anguillin serait ennuyé de recevoir un tel texte d'une personne qu’il ne connaissait pratiquement pas. Tout comme Victorine, il pourrait me dire que je n’avais pas le droit de fourrer mon nez dans ses affaires privées, et certainement pas de le pousser dans une certaine direction.

 

En bref, après avoir relu le texte, j'avais un peu honte. Par conséquent, j’ai résolu qu’à l'avenir je ne réagirais plus à une demande éventuelle de Solange d’écrire encore à son ex-amant. J'étais presque convaincu que Stéphane Anguillin ne réagirait d’aucune façon à ce que je lui avais envoyé. Peut-être contacterait-il Solange pour lui exprimer son mécontentement parce qu'elle m'avait demandé de parler en sa faveur.  

 

Le lendemain déjà, Solange m'a dit qu’Annette avait lu le message personnel sur Facebook. Elle n'avait pas répondu pour le moment. Peut-être qu'elle le ferait plus tard. C’était ce que Solange attendait. Selon elle, ce ne serait pas plus que normal. Quelqu’un de poli répondrait toujours à un message d'une amie.

Solange le croyait apparemment, mais je n'en étais pas convaincu. Amie ou pas, Annette est une femme têtue. Si quelque chose ne lui plaît pas, elle agit comme si cette chose tout simplement n’était pas là.

 

J'ai eu raison. Il n'y a jamais eu de réponse d’Annette à ce que Solange lui avait demandé. Ce que c’était exactement, je ne l’ai jamais appris. Pourtant, j’étais curieux de savoir ce que Solange avait écrit à Annette. Je ne le lui ai pas demandé parce que notre arrangement était de ne pas le dire à l'autre. Enfin, quoi qu'il en soit, comment Solange a présenté ou formulé ce message, cela ne joue aucun rôle. Annette s’est enfermée dans sa tour d'ivoire. Elle ne daigne avoir du contact qu’avec des gens qu’elle choisit elle-même, et surtout ceux qui ne la contredisent pas et dansent à son air.

 

Bien que je m’attende pas à une réponse de Stéphane Anguiller, cinq jours après j’ai reçu ce bref courriel:

 

"M. Bruneau,

 

Respect. Vous vous montrez socialement responsable et humain. Le sujet que vous avez abordé est délicat. Ici, je préfère ne pas en discuter. Nous pouvons peut-être nous rencontrer. Choisissez quand et où.

Salutations.

F. P.

 

P.S. Faites-moi une faveur: n’en parlez pas à S., SVP. Dans toute correspondance ultérieure, n’écrivez plus mon nom en toutes lettres. S. A."

 

Le message était bref et concis, mais clair. Dans ce court e-mail, il y avait  quatre impératifs. Stéphane Anguiller était un homme résolu qui savait clairement ce qu'il voulait. Ce fut certainement en raison du rôle de cadre supérieur qu'il avait dans l'institut ou l’entreprise où il travaillait à Gembloux.  

 

Encore une fois, je n’ai pas dû réfléchir longtemps. Le soir même, j’ai renvoyé cet e-mail:

 

“Monsieur A.,

Cela m’intéresserait certainement de vous rencontrer. Que penseriez-vous si je proposais de nous revoir à la même terrasse où nous nous sommes rencontrés l'année dernière? Si vous ne savez plus où c’était, envoyez-moi un petit mail. En principe, pour moi en semaine tous les jours sont bons, sauf le dimanche. Vous avez probablement entendu de S. que  ma carrière est derrière moi. Je voudrais suggérer que nous nous rencontrions au point de rendez-vous samedi prochain à trois heures de l'après-midi. Si ce moment ne vous convient pas, vous pouvez toujours m’en proposer un autre.

En ce qui concerne S., je vous promets que je n’en soufflerai mot à elle.

Salutations amicales.

Rochus Bruneau”

 

Moins de cinq minutes après avoir envoyé mon courriel, je reçu une réponse:

 

“"Ok. Samedi à 15h. S. A.”

 

 

 

 

Notre rencontre ce samedi à La Capitainerie n’était pas un vrai succès. Dehors, sur la terrasse, nous ne pouvions pas nous asseoir parce qu'il pleuvait des cordes. A l'intérieur il y avait foule. La salle était très animée. Apparemment, il y avait un car de Hollandais, des parents avec des enfants handicapés mentaux, et qui, comme nous, étaient venus chercher un abri contre la pluie.

Il y avait dans le restaurant beaucoup de bruit et de brouhaha. Il était difficile d’y avoir une conversation discrète. Vraiment crier l’un à l’autre pour nous faire comprendre n’était pas vraiment nécessaire, mais cela y semblait un peu. En plus, notre premier contact n’était pas vraiment chaleureux. Dès le premier moment, il m’était clair qu’Anguiller n’était pas homme à parler ouvertement de ses sentiments. Je me suis même demandé pourquoi il m’avait proposé de nous rencontrer.

Mon interlocuteur présumé était très prudent. J'ai commandé une Leffe  blonde, mais lui se tenait à un Perrier. Peut-être qu'il avait peur qu'autrement il devienne trop bavard.

 

Comme c’est toujours le cas, nous avons d’abord échangé quelques formules de politesse et des banalités. Stéphane Anguiller m’a demandé si j’étais venu de loin. J’ai dit que j’habitais à Anthisnes. Lui-même ne m’a pas dit où il habitait, et je ne lui ai même pas demandé. Solange m’avait déjà informé que son amant avait une belle villa quatre façades à Chaumont-Gistoux.

 

J’ai timidement essayé de ramener la conversation sur Solange. Timidement, cela n'a pas été vrai. J'ai dû parler beaucoup trop fort à mon goût à cause des cris persistants des enfants parler. Stéphane a également trouvé, je pense. Il a regardé autour de lui dans la salle. Peut-être avait-il peur que quelqu'un entende que j'avais laissé tomber le nom de Solange.  Soudain, il s’est levé.

 

“Je pars,” dit-il. “Ici, je ne me sens plus à mon aise. Viens avec moi à ma voiture. Je dois te demander quelque chose, Roch.”

 

Il ne m'a pas appelé Rochus, mais Roch, dès la première fois. Plus tard, quand nous étions en route ensemble, il m'a dit qu'il trouvait “Rochus” un nom horrible. Il lui rappelait des morsures de chien et des plaies purulentes.

 

Quand nous étions arrivés à sa voiture, Anguiller m'a demandé:

 

“Dis, tu as quelque chose de spécial à faire dans les prochaines semaines?”

 

Je n'avais rien prévu, et je le lui ai dit. Pourtant, j’ai demandé:

 

“De combien de semaines s’agirait-il?”

 

Stéphane a haussé les épaules:

 

“Je ne sais pas vraiment. Difficile à dire à l'avance. Deux? Peut-être trois? Tout un mois?”

 

Ma curiosité a été piquée:

 

“Qu’est ce que tu comptes faire? Et moi, qu’est-ce que j’ai à voir là-dedans?”

 

“Je veux sortir de la course de rats. Pendant quelques mois au moins. Je veux voir arriver les choses une à une, sans pression. Réfléchir, mettre mon existence en question. Pour cela, je dois quitter Gembloux. A mon lieu de travail, j’ai déjà arrangé cela. Tu as sûrement déjà entendu parler du voyage à Compostelle que certains entreprennent pour revenir à leurs sens? Je voudrais l’essayer, ne fût-ce qu’une seule fois dans ma vie. Si ça te dit, viens avec moi. Peut-être que ça te fera du bien.”

 

Elle m’intriguait, sa proposition. Mais j’ai répliqué:

 

“Compostelle, ce n’est pas tout près. Quelques semaines ou un mois, tu penses que ce sera assez? J’ai lu quelque part qu’il y a des pèlerins qui sont en route pendant des mois et des mois…”

 

"Dis, Roch, personne ne prétend que nous devons faire tout le voyage à pied. Certains trajets peut-être, ça oui. Et même pas que nous devons absolument arriver à Compostelle. Une fois en route, nous pourrons toujours improviser.”

 

Là-dessus, j’étais d'accord avec Stéphane. Où que nous soyons, nous pourrions toujours revenir sur nos pas, ou prendre une autre direction. Ce que Stéphane Anguillin proposait me semblait aventureux, et cela m'intéressait. Peut-être qu'une expérience de ce genre nous aiderait tous deux à oublier nos problèmes avec nos anciennes maîtresses, ou tout au moins, à améliorer la perspective de l’avenir.

 

“Eh bien, je suis de la partie,” dis-je. “Quand penses-tu commencer?”

 

“Tu ne devrais pas en discuter avec ta femme?”

 

“Non, ce n'est pas nécessaire. Si je dis que je vais en pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle, elle sera tout de suite d’accord. Et la tienne?”

 

“Écoute Roch, je préfère ne pas en parler maintenant. Peut-être plus tard. Je pensais partir lundi. Après-demain. Tu trouves ça trop tôt?”

 

“Non, pour moi, ça ne fait aucune différence. Une fois que la décision est prise, je n’aime pas procrastiner.”

 

“Bien. Mets des chaussures robustes pour marcher, et apporte des vêtements appropriés. Pas trop. Ce que tu prends avec toi doit tenir dans un sac à dos. Tu en as un?”

 

Un sac à dos, j'en avais un du temps où je faisais de longues randonnées dans les Alpes autrichiennes et les Dolomites italiennes. Depuis qu’Annette m’avait laissé tomber, je n’avais plus la motivation pour faire cet effort.

 

“Une carte de banque, tu en auras besoin aussi, et peut-être d’un peu d'argent liquide. Pas trop. Partout où nous passons, nous pourrons si nécessaire tirer de l'argent du mur. Je préférerais que nous laissions nos téléphones portables à la maison. Qu’en penses-tu?”

 

Je pensais que c'était une bonne idée.

Nous nous sommes serré la main et convenu que nous nous reverrions deux jours après à dix heures du matin dans la gare des Guillemins à Liège. Nous y prendrions le train pour Namur, puis nous marcherions le long de la Meuse vers la frontière française.

 

Ma femme a trouvé mon idée d'aller en pèlerinage à Compostelle excellente. Non seulement le pèlerinage serait-il bon pour mon intérêt tardif en matière de religion. L'effort physique qu’exigerait la randonnée serait certainement profitable à ma santé. Maintenant, j'étais, selon elle, beaucoup trop dans mon bureau à l’étage derrière mon ordinateur portable à me tracasser et me morfondre.

 

Pour elle, ce serait le moment idéal pour enfin répondre à la demande de notre fils. Il habitait avec son amie depuis un peu plus d'un an dans une maison neuve à Rixensart. Comme ma femme savait bien tapisser, il lui avait demandé à plusieurs reprises qu’elle vienne l’aider pour mettre le papier peint aux murs dont le plâtre était sec maintenant. Finalement, elle avait cette chance. Ce travail prendrait quelques semaines, puisque la maison était grande. Quand la corvée serait finie, je serais peut-être déjà revenu de ce qu'elle a appelé ma “quête spirituelle.”

 

Ce lundi, nous sommes tous deux arrivés un peu trop tôt dans la gare des Guillemins. C’est pourquoi, à la dernière minute, nous avons pu y prendre le train de 10u07 pour Namur.

 

Ma femme m’avait donné quatre coquillages de pétoncles. Elle voulait que nous attachions chacun un de ces coquillages à notre sac à dos. Cela apporterait de la chance au cours de notre pèlerinage, a-t-elle affirmé, et en les voyant des gens qui nous voyaient passer sur la route auraient des pensées pieuses. Les deux autres coquillages servaient de rechanges. Si quelqu’un, un voleur ou un vandale, les enlevait de notre sac à dos, nous en aurions encore deux pour les remplacer.

 

Stéphane n'a pas bronché quand je lui ai donné un de ces coquillages. Il l’a attaché à son sac à dos sans commentaire. Il paraissait être absent dans ses pensées. Pendant le voyage qui a duré environ cinquante minutes, Stéphane n’a presque pas parlé. Ce qu'il a dit était bref et concis, et avait à voir avec notre feuille de route pour ce jour-là. Pour le reste, il regardait fixement le paysage passer.  

 

Au début, je pensais que mon compagnon souffrait d'une humeur du matin, ou des “Lundi Matin Blues”. Quelques fois, Stéphane a regardé dans ma direction. J’ai vu clairement dans ses yeux qu'il se sentait fort triste. Pourquoi c’était, je ne le savais pas. Je me doutais que cela avait à faire avec sa femme, ou peut-être avec Solange. Demander ce qui ne lui allait pas, je m’en suis retenu. Si Stéphane en sentait l’envie, il m’en parlerait bien.

 

A partir de Namur nous avons marché le long de la Meuse. Notre plan était d’arriver le premier jour à Godinne, à une trentaine de kilomètres de Namur. À un tempo moyen d'environ cinq kilomètres à l’heure, cela nous demanderait six heures.

 

Malheureusement, après Godinne, Stéphane a traîné des pieds. En cours de route, il s’est arrêté toutes les cinq minutes pour boire à sa gourde. En buvant, il regardait tout le temps en arrière, probablement dans la direction où il pensait que se trouverait Solange.

 

A un moment donné, il avait les larmes aux yeux. J’avais l’impression qu’il ne voyait plus clairement où il marchait, car il s’est dangereusement approché du bord de la Meuse. Pendant une seconde, l’idée angoissante m’est venue que mon compagnon était tellement désespéré qu’il voulait peut-être sauter dans la Meuse et se noyer…

 

J’ai trouvé que, quoi qu’il en soit, je ne pouvais pas courir le risque que notre pèlerinage tournerait en drame. Ainsi, j’ai proposé à Stéphane de faire demi-tour et de rebrousser chemin. Il fut tout soulagé d’entendre ma proposition.

 

A la gare d’Yvoir, Stéphane et moi avons pris le train pour rentrer chez nous. Pendant le trajet de retour, mon compagnon était d’une extrême bonne humeur. Il s’est même mis à chanter des chansons qu’il avait apprises chez les scouts. Cela n’a pas duré. La conductrice du train est venue lui demander poliment d’arrêter, ce qu’il a fait. Deux minutes après, tout le stress des heures passées a disparu, et Stéphane s’est endormi.

 

FIN

 

© Bruno Roggen, Anhée, 2021

 

 


Submitted: May 08, 2021

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